Visa et Mastercard traitent la majorité des paiements par carte en Europe et prélèvent des frais que nous ne contrôlons pas. L'Europe a déjà une réponse : Wero, SEPA Instant et l'euro numérique. Voici l'ampleur du phénomène.
Dans la zone euro, Visa et Mastercard traitent près de la moitié de la valeur et la majorité du nombre des paiements par carte. Dans 13 des 21 pays de la zone euro, les cartes fonctionnent exclusivement sur des schémas internationaux, faute de système national.
Le règlement IFR de 2015 a plafonné l'interchange à 0,2 % (débit) et 0,3 % (crédit). Mais les frais de schéma et de traitement, qui vont aux réseaux eux-mêmes, ne sont pas plafonnés et augmentent sans cesse, annulant l'effet du règlement. Il en existe aujourd'hui plus de 800 types.
La Banque centrale européenne parle des paiements comme d'une infrastructure stratégique, au même titre que l'énergie et la défense. Car si les transactions quotidiennes de centaines de millions d'Européens passent par deux entreprises américaines, ce sont elles, et non l'Europe, qui tiennent l'interrupteur.
"Si nous perdons le contrôle de notre monnaie, nous perdons le contrôle de notre destin économique. Et nous abandonnons un attribut clé de la souveraineté."
Banque centrale européenne, 2026L'Europe ne part pas de zéro. Institutions et banques ont bâti les fondations d'une véritable alternative au duopole américain.
Le portefeuille de l'European Payments Initiative (16 banques), fondé sur le virement instantané SEPA. Sans frais de schéma.
Virements instantanés en quelques secondes, réglés en monnaie de banque centrale via l'infrastructure de la BCE.
De la monnaie de banque centrale sous forme numérique. La BCE juge son lancement urgent pour la souveraineté de l'Europe.
Les paiements sont une infrastructure critique. Dépendre de deux entreprises américaines est un risque géopolitique, pas seulement un coût.
L'IFR a plafonné l'interchange, mais les frais de schéma augmentent sans limite. Un rail de paiement européen contourne le problème à la source.
Qui traite les transactions voit les données. Un système propre les garde en Europe, sous le RGPD et le droit de l'UE.
Un standard ouvert de paiement instantané, c'est de la place pour les fintechs européennes au lieu d'une rente versée au duopole.
Les montants proviennent d'études différentes aux définitions différentes (frais de schéma, acceptation de cartes étrangères, trop-payé vs plafonds IFR), d'où leur présentation séparée, non additionnée. Volume et parts selon la BCE via Euronews. Les frais de schéma sont estimés en raison de tarifs non divulgués.
Wero, SEPA Instant et l'euro numérique ne sont pas de l'idéologie, mais une infrastructure qui fonctionne déjà. Chaque paiement déplacé de Visa et Mastercard vers un système européen, c'est moins de rente à l'étranger et plus de contrôle en Europe.